La Chine à la carte selon vos envies

 

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La musique chinoise, de nouvelles émotions à découvrir

Contrairement aux chinois qui se passionnent depuis des décennies pour la musique classique occidentale, les occidentaux commencent seulement à s’intéresser à la musique asiatique et en particulier à la musique traditionnelle chinoise.

Cette musique née il y a 3000 ans a traversé les dynasties, les guerres et les révolutions. Si elle a évolué, elle puise toujours dans le répertoire classique des opéras, du théâtre, de la poésie et des contes traditionnels. Dans tous les spectacles et en particuliers dans les opéras, la forme musicale la plus connue des occidentaux, les musiciens sont sur scène pour accompagner les chanteurs et les comédiens, faisant partie intégrante de la représentation. Les instruments, selon leur sonorité et la manière dont ils sont joués, donnent le rythme, évoquent une atmosphère, l’état d’âme d’un personnage, soulignent les gestes d’un danseur, suivent les intonations d’un chanteur, accompagnent les sauts d’un acrobate.

On trouve les instruments à cordes, pincées ou frottées, les instruments à vent, les bambous et les gourdes, les percussions et ceux qui n’entrent dans aucune catégorie. L’un des plus populaires est le « pipa », une sorte de luth à quatre cordes pincées. A l’origine, sous la dynastie Tang, les cordes étaient jouées avec un grand médiator. Aujourd’hui, les musiciens utilisent des ongles artificiels accrochés au bout de leurs doigts. La manière dont est tenu l’instrument a aussi évolué : au départ le Pipa était en position horizontale puis progressivement les musiciens ont relevé le manche de l’instrument pour le redresser complètement à la verticale. Les cordes sont pincées avec la main droite, la main gauche donne les notes tout en produisant des vibrations particulières.

Un autre instrument assez proche du pipa est le « ruan » (ou juan, ou qin pipa). Sa caisse de résonnance est ronde au lieu d’être allongée ce qui lui donne un ton chaud et rond. Les cordes à l’origine en soie sont devenus des fils d’acier, de 13 barrettes on est passé à 24, le son est devenu plus clair.

Dans la famille des cordes, le « erhu » était utilisé principalement dans les opéras, mais de nombreuses pièces existent aujourd’hui pour erhu seul. Un archet est coincé entre ses deux cordes qu’il fait vibrer, la caisse de résonnance assez petite est recouverte d’une peau de serpent.

Parmi les instruments à vent, le « dizi », une flûte traversière en bambou dont il existe plusieurs formes est le plus populaire. Son timbre typique provient d’une fine membrane qui recouvre un trou supplémentaire non utilisé pour le doigté et placé près de l’embouchure.

Les percussions jouent un rôle primordial dans l’opéra chinois. Le « bangu » est un petit tambour qui permet de garder le tempo, comme les « bans », deux plaquettes de bois reliées par une ficelle. Le « gong » peut être suspendu ou bien en forme de bol et reposer sur un trépied.

En dehors du théâtre et des opéras, les musiciens aiment à jouer seul ou en petite formation. Certains artistes contribuent à faire connaître leur musique à travers le monde, comme Liu Fang, artiste de renommée internationale qui revisite par sa sensibilité, sa virtuosité et son sens de la dramaturgie les mélodies classiques pour pipa ou guzheng, la cithare chinoise. On a pu voir cette année au festival Made in Asia de Toulouse, une étonnante rencontre où se mêlaient les instruments baroques de l’orchestre de Montauban dirigés par le flûtiste Jean-Marc Andrieu et les instruments traditionnels anciens de la Chine méridionale et de Taiwan menés par Wang Xinxin, chanteuse et soliste de pipa. Régulièrement, les opéras traditionnels remportent un succès notoire auprès du public occidental.

Des extraits sonores sur les sites des artistes Liu Fang, et Wang Yiping

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TAIWAN

photo : © Antoine GROSSIN - Chine, 2012

Rochers de lettrés, itinéraire de l’art en Chine

Le Musée Guimet propose une très belle exposition d’envergure internationale. Une trentaine de pierres plurimillénaires choisies et chéries par des générations de lettrés sont réunies et exposées avec d’autres objets qui accompagnent depuis toujours les activités des lettrés, peintres et calligraphes : pots à pinceau, pierres à encre, pose-pinceaux…

C’est à l’époque Tang que les lettrés commencent à collectionner ces pierres qui portent en elles les forces telluriques de l’univers. Provenant de sites bien précis, choisies pour leur forme, leur texture, densité et dynamisme, elles évoquent un paysage, une montagne célèbre, un pic sacré ou encore par leurs perforations et chemins secrets, les grottes-ciels où résident les immortels terrestres. Elles invitent au voyage imaginaire, à la pensée philosophique, poétique et mythique qui constituent ce qu’on appel « l’esprit lettré ».

Une grande partie des objets exposés ont été prêtés par le collectionneur et peintre Zeng Xiaojun dont certaines œuvres sont également exposées au côté de celles du peintre contemporain Liu Dan. Tous les deux se sont plongés avec passion au cœur des secrets de la nature, Zeng Xiaojun en insufflant une nouvelle vie aux pierres, bois, racines ou plantes à l’aide de son pinceaux ou de nouvelles technologies, Liu Dan en peignant le portrait de pierres, de plantes ou de paysages chaotiques. Ainsi, pierres ancestrales et art contemporain se côtoient autour du thème de la nature témoignant de la persistance de cet « esprit de lettré » dans la Chine contemporaine.

Exposition au Musée Guimet jusqu’au 25 juin 2012

 

La recette du mois

POULET AU GINGEMBRE

Pour 3 personnes :

- 3 escalopes de poulet

- 2 carottes

- 1 oignon

- 2 gousses d'ail

- 1 gros morceau de gingembre

- 5 c. à s. d'huile

- 1 c. à s. de sucre en poudre

- 2 c. à s. de sauce de soja

- sel

 

Détailler les escalopes de poulet en lamelles fines. Ecraser l’ail et couper l’oignon en tranches fines. Peler le gingembre. Couper les carottes et le gingembre en allumettes fines.

Chauffer l’huile dans la poêle. Lorsqu’elle est bien chaude, jeter l’ail, l’oignon et le gingembre. Faire revenir l’ensemble, puis ajouter les lamelles de poulet. Démêler la viande pour qu’elle se mélange bien avec l’oignon. Une fois le poulet bien saisi, ajouter les carottes. Mélanger à nouveau le tout régulièrement. Saler, verser le sucre et remuer pour que la viande caramélise un peu.

Veiller à ce que la viande n’attache pas en ajoutant un petit verre d’eau. Verser la sauce de soja. Modérer le feu et laisser cuire 3 à 4 min. Goûter, puis servir avec du riz blanc.

N.B. : adapter la quantité de sel en fonction de la sauce de soja employée

Avec quoi d’autre ? D’autres légumes, comme les courgettes, les haricots verts ou coco plats, peuvent être mélangés aux carottes. Si l’on n'est pas pressé, il existe aussi une variante « mijotée » où l’on cuit les morceaux de poulet avec l’os dans une cocotte. Faire revenir le poulet avec l’ail, l’oignon et le gingembre, puis laisser mijoter. Ajouter simplement les carottes en fin de cuisson pour qu’elles gardent leur forme. Le goût en sera totalement différent, car une cuisson avec l’os renforce l’arôme de la viande.

Cette recette est extraite du livre :

 "Les baguettes magiques d'une Chinoise de Lyon"   

de Gabrielle Keng-Peralta - Tana éditions