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Les nombres, symbolique et signification dans la vie quotidienne des chinois

Comme dans toutes les civilisations, il existe une symbolique des nombres propre à la culture chinoise. À cette symbolique très ancienne, s’est ajoutée une signification donnée aux nombres à partir de leur prononciation. Une croyance très forte dans leur pouvoir régit le quotidien des chinois. La date d’un événement important ne sera jamais choisie au hasard. Certains achètent leur numéro de téléphone ou de compte en banque pour s’assurer d’y trouver le maximum de chiffres fastes. Chaque nombre est porteur d’une énergie. Les nombres pairs sont Yin, l’énergie féminine qui trouve son origine dans la terre, les nombres impairs sont Yang, énergie masculine et céleste. À partir de cette donnée commune, ils ont chacun leur sens et leur pouvoir.

ZÉRO représente à la fois le tout et le néant, le vide et donc l’infini, l’absence d’une chose qui permet l’expression de l’éternel. Le ZÉRO est sans limite, il est le Tao. Il est à l’origine et ouvre des espaces infinis indéfinissables.

UN est un nombre privilégié dans la pensée taoïste. Car le UN engendre le deux et donc toute la succession des nombres en découle. Si zéro est le commencement, UN est la conception, l’initiateur, il est porteur de l’énergie Yang, l’énergie masculine, forte et dynamique qui permet la création. C’est un nombre favorable dans l’esprit chinois. Il exprime la fidélité amoureuse mais aussi le célibat car le chiffre UN est écrit avec un seul trait. La date du 11/11 est la fête des célibataires.

Si un est le père de tous les nombres, DEUX en est la mère, un nombre pair porteur de l’énergie féminine Yin. Il est l’équilibre. L’ensemble du système de numérologie chinoise est basé sur le DEUX comme dans la pensée taoïste où l’univers est régi par les deux énergies complémentaires, le Yin et le Yang. Mais DEUX peut aussi être insaisissable car il est le nombre de la dualité. Il est parfois considéré comme un chiffre négatif, car dans certaines villes du nord on prononce « deux » comme le caractère « stupide » (sha).

TROIS est le résultat de l’union du un et du deux. TROIS est lié au caractère sacré de la vie. À partir du TROIS, la famille des nombres se ramifie pour créer la diversité et la complexité. Il est la première étape de la transformation, il est le premier ingrédient qui permet de modifier l’équilibre des énergies. TROIS est considéré comme un nombre parfait et pourtant, comme sa prononciation « san » veut aussi dire « séparation », lorsque l’on offre de l’argent à de jeunes mariés, on ne donne jamais 300 Rmb.

QUATRE est le symbole de la terre dans la philosophie chinoise. Représenté par un carré avec ses quatre points cardinaux, on le retrouve dans l’écriture du caractère « si ». Les quatre points cardinaux sont représentés par les quatre gardiens cosmiques garants de l’équilibre de l’univers : le Dragon, la Licorne, le Qilin (Kylin) et le Phénix. QUATRE augure d’un sens concret des choses. Mais c’est aussi le chiffre du malheur qui se prononce comme la mort en mandarin « si ».

CINQ est un nombre porteur de grande chance. Il est la conjugaison du deux (yin) et du trois (yang). Ces forces combinées sont sources de nombreuses associations : les CINQ éléments (le bois, le feu, la terre, le métal et l’eau), les CINQ céréales chinoises (le soja, le riz, le blé, le millet et le chanvre), les CINQ montagnes sacrées. Les CINQ souhaits de base sont la santé, la joie, la longévité, la chance et la prospérité.

Avec le chiffre SIX, la signification chinoise des nombres atteint un rayonnement cosmique. SIX représente la longévité, l’expansion et le pouvoir céleste. Les chinois associent un sixième sens au cinq que nous reconnaissons, la sensibilité extrasensorielle. L’espace temps est également divisé en six, le jour et la nuit étant chacun partagé en trois périodes. Il fait partie des nombres fastes. Sa prononciation est proche du caractère « you » qui veut dire « encore ».

SEPT est l’achèvement complet d’un cycle, comme chaque phase de la lune qui dure sept jours. C’est sans doute pour cette raison que beaucoup de cérémonies et de festivals sont célébrés sur sept jours. L’union du quatre (symbole de la terre) et du trois (symbole de l’élément céleste) crée le parfait ordonnancement de la nature.

HUIT exprime le sentiment d’inclusion. Il est le produit de tous les nombres qui l’ont précédé, tous assemblés dans un ordonnancement équilibré. Cet équilibre supranaturel est personnifié par les huit immortels (xian). Ce chiffre est associé à l’idée que tout est possible. Il se prononce « ba » comme « faire fortune » en cantonnais. Chiffre faste par excellence, l’ouverture des Jeux Olympiques à Pékin a eu lieu le 08/08/08 à 8h08.

NEUF est le dernier, le plus grand nombre des yang et considéré par les chinois comme le nombre céleste. C’est un nombre qui porte chance très souvent associé au dragon. C’était également le nombre de l’empereur. Il se prononce « jiu » qui veut aussi dire « durable », « longévité ». Les chinois célèbrent ainsi la fête du double neuf, aussi appelée la fête du double yang, le 9 du 9ème mois lunaire. Ce jour-là, il faut gravir une colline pour s’écarter des épidémies et manger des gâteaux « double yang ». En 1989, le gouvernement chinois a désigné ce jour comme la fête des personnes âgées. C’est aussi un chiffre utilisé pour exprimer son amour éternel.

A lire : La symbolique des nombres dans la Chine traditionnelle Elisabeth Rochas de la Vallée, éd. Desclé de Brouwer.

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photo : © Antoine GROSSIN - Chine, 2012

"Les Années Fastes" de Chen Koonchung

Un roman d’anticipation écrit en 2009 dont l’action se déroule en Chine en 2013.

Alors que l’Occident est en pleine crise économique, la Chine se retrouve première puissance mondiale. Le gouvernement oblige les citoyens à consommer chinois pour pallier la faillite occidentale et contribuer à installer la Chine dans la prospérité. C’est une société amnésique dans laquelle un régime autoritaire est capable de procurer une vie agréable à condition que l’on ne s’y oppose pas et que l’on ne revienne pas sur le passé. Pourquoi d’ailleurs ne pas adhérer à ce modèle lorsque le reste de monde s’effondre et que la Chine vit son âge d’or. Quand on a le choix entre un bon enfer et un faux paradis, on choisit ce dernier.

Pourtant quelques irréductibles font entendre leur voix. Un roman troublant et fascinant sur ce qu’est la Chine aujourd’hui et ce qu’elle est probablement en train de devenir. L’auteur, Chen Koonchung, est originaire de Hong Kong et vit à Pékin. Son roman, truffé de références historiques et d’allusions à des personnages réels, n’a pas été publié en Chine. Il circule sous le manteau par les réseaux internet.

 

"Les Années Fastes" de Chen Koonchung, traduit du chinois par Denis Benejam, préface de Julia Lowell, éd. Grasset, 415 p., 20€.

La recette du mois

HOUMOUS À LA CHINOISE

Pour 3 personnes :

- 300 g de fèves

- 125 g de lardons fumés

- 3 c. à s. de sauce de soja

- 4 c. à s. d'huile

 

- 3 c. à c. d'huile de sésame

- 2 c. à s. de farine

- sel

 
Ecosser les fèves si elles sont fraîches du marché. Les mettre dans une casserole et les faire cuire à l'eau salée pendant 15 min. Lorsqu'elles sont bien tendres, retirer du feu et laisser tiédir. Garder le jus. Ôter les peaux une à une.

Mettre les fèves dans un récipient assez haut, ajouter un peu de jus, puis passer au mixeur. Ajouter plus ou moins d'eau pour obtenir une pâte onctueuse.

Dans une casserole, verser l'huile et faire revenir à feu vif les lardons coupés en tout petits morceaux.

Dans la purée de fèves, verser les lardons, la sauce soja, l'huile de sésame et mélanger. Ajouter la farine et remuer sans cesse à feu vif. La pâte doit épaissir. Ajouter un peu d'huile si nécessaire. Attention la pâte peut vite brûler. Servir tiède.

 

Gabrielle Keng :

Là, ce n'est pas une recette à moi. Je l'ai découverte chez une amie de ma mère, à San Francisco. Cette vieille dame avait quitté la Chine avec ma mère lorsqu'elles avaient à peine 10 ans. Quand je l'ai eue au téléphone, elle m'a dit : "Viens on mange !". Chez les Chinois, il n'est pas possible de se voir sans manger... et quel régal ! Elle avait fait plat sur plat dont ce "houmous", façon chinoise, que je n'avais jamais goûté auparavant.

 

Cette recette est extraite du livre :

 "Les baguettes magiques d'une Chinoise de Lyon" 

 de Gabrielle Keng-Peralta Tana éditions