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Les pratiques divinatoires à l’origine de l’écriture chinoise

L’écriture chinoise est la seule écriture au monde à avoir traversé autant de millénaires. Ses origines remontent au XVIème siècle avant J-C comme en témoignent les inscriptions retrouvées sur les os de bovidés ou les carapaces de tortues provenant principalement du site archéologique de Yinxu, près de la ville d’Anyang à environ 500 km au sud de Pékin.

 Alors qu’ils travaillaient leur terre, des paysans locaux ont trouvé ces os et les ont vendus aux pharmacies de la région pour leurs supposées vertus médicinales. Jusqu’à ce que Wang Yirong, un épigraphiste de la fin de la dynastie Qing et un expert en bronzes et inscriptions sur pierres les découvre par hasard en 1899. Il identifia la langue parlée par la dynastie Shang (XVIème-XIème siècle av. J.C.) et prouva que les inscriptions sur ces os et carapaces de tortues étaient liées aux pratiques divinatoires. Ces objets ont alors pris une toute autre valeur et après des études poussées, on a pu affirmer que ces os provenaient du site de Yinxu mentionné dans les classiques chinois. Au cours des fouilles de 1936, une fosse de stockage qui contenait 17096 pièces d’os a été excavée. Ce fut la découverte la plus importante réalisée sur un seul site et la plus riche pour l’intérêt que représentaient les pièces. Il a fallu plus de huit mois pour les déterrer et les classifier. En tout, plus de 150 000 pièces ont déjà été répertoriées à Yinxu et environ 4500 caractères différents ont été identifiés dans les textes déchiffrés sur les os. Une grande quantité de caractères reste cependant incompréhensible.

Cette découverte a transformé significativement les annales historiques chinoises. D’après les archéologues, ces inscriptions sont les précurseurs de la calligraphie chinoise moderne. C’est en 1300 av. J.C. que Pang Geng, le roi de la dynastie des Shang transféra la capitale à Yinxu et en fit une ville magnifique, ce fut l’époque la plus prospère de l’âge du bronze chinois. À l’époque, les rois avaient coutume d’utiliser la pratique divinatoire pour traiter de toutes les questions qui les préoccupaient : le temps le plus propice pour les cultures, les chances de gagner la prochaine guerre, le sexe du futur héritier de la reine, les signes fastes ou néfastes de l’éclipse de la lune…

Les devins pratiquaient la scapulomancie. Ils appliquaient un tison brûlant sur une plaque d’os ou d’écaille, provoquant sur l’autre face des craquelures interprétées comme des signes oraculaires. Petit à petit, la technique s’est affinée. Des petites cavités de plus en plus précises furent percées pour que celles-ci, sous l'effet de la chaleur prennent des formes stéréotypées associées à une signification déterminée, il en existait sept variantes possibles. Les interprétations divinatoires étaient notées par les devins sur l’os lui-même à l’aide d’un couteau. Partant de signes graphiques et selon une évolution très méthodique, une langue écrite a ainsi été élaborée à partir d’idéogrammes. Si cette écriture a bien entendu beaucoup évolué, on retrouve dans l’écriture chinoise actuelle des caractéristiques de base et une structure grammaticale fixe déjà présentes dans les transcriptions des oracles. C’est l’écriture systémique la plus ancienne jamais découverte. Ces écrits sont primordiaux car ils expliquent l’importance du rationalisme divinatoire sur toute la pensée chinoise.

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photo : © Antoine GROSSIN - Chine, 2011

La recette du mois

MOULES AUX CINQ PARFUMS

entrée froide

Pour 4 personnes :

- 500 g de moules

- 30 g de gingembre

- 1 petit piment rouge

- 1 bouquet de coriandre

- 1 bouquet de ciboulette ou un petit poireau

- 1 citron ou du vinaigre de riz

- 1 ou 2 gousses d'ail

- concentré de tomate

- quelques haricots noirs salés

- sauce de soja liquide

- huile de tournesol

- sucre

 

Préparation :

1. Lavez à l’eau claire et ébarbez soigneusement les moules.

2. Coupez la moitié du gingembre en fines lamelles et jetez-le dans une casserole d’eau bouillante.

3. Ajoutez ensuite les moules.

4. Dès qu’elles s’ouvrent, sortez les moules de la casserole et plongez-les dans un saladier d’eau froide. Égouttez , décortiquez et réservez.

5. Préparez la sauce : Hachez la coriandre, le gingembre restant, l’ail, la ciboulette (séparez le blanc du vert) et le piment. Versez 2 c. à soupe d’huile de tournesol dans une casserole très chaude et faites sauter ensemble le gingembre et les haricots noirs salés. Ajoutez 2 c. à soupe de sauce de soja, 2 c. à soupe de concentré de tomate, le vinaigre de riz (ou le jus de citron), un peu d’eau, une pincée de sel et 3 à 4 c. à café de sucre. Mélangez et rectifiez l’assaisonnement. Enfin ajoutez le vert de la ciboulette et les feuilles de coriandre hachées.

6. Servez les moules sur un lit de sauce et nappez avec le reste.

 

Suggestion : on peut remplacer les moules fraîches par des moules surgelées décortiquées.

N.B. : les haricots noirs salés se trouvent dans les épiceries asiatiques.

Cette recette est extraite du livre :

La cuisine taïwanaise de Su-Chiung, Tome 2

de Su-Chiung Huang et Anne Morvan - Editions Su-Chiung Huang