La Chine à la carte

 selon vos envies

 

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photo de Benoit Cezard

www.benoitcezard.com

la recette du mois

POULET PIMENTE AUX CACAHUETES

Pour 4 personnes :

 

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3 blancs de poulet fermier

100 g de cacahuètes

4 c. à s. de sauce de soja

1 c. à s. d'alcool de riz

3 gousses d'ail

4 tranches de gingembre

5 tiges d'oignon nouveau

3 piments séchés

- 3 c. à s. de sucre en poudre

- 3 c. à s. de vinaigre

- 1 c. à c. d'huile de sésame

- 5 c. à s. d'huile végétale

- 1 c. à c. de poivre

- 1 c. à c. de fécule*

- sel

*pomme de terre ou maïs

Coupez les blancs de poulets en petits dés. Faites-les mariner pendant 1 dizaine de minutes avec 1 pincée de sel, 2 c. à c. de sauce de soja et l'alcool de riz.

Hachez l'ail et le gingembre. Coupez les tiges d'oignon en petits morceaux. Emincez les piments en lamelles très fines après les avoir égrainés.

Préparez la sauce. Mélangez le sucre, le reste de la sauce de soja, le vinaigre, l'huile de sésame et 1/2 verre d'eau.

Faites chauffer l'huile végétale dans une grande poêle. Ajoutez les piments et quelques grains de poivres. Dès qu'ils libèrent leurs arômes, incorporez les morceaux de poulet. Remuez bien puis ajouter l'ail, le gingembre et les tiges d'oignon. Mélangez et laissez dorer jusqu'à ce que la viande soit cuite. Versez alors la sauce sans cesser de remuer. Ajoutez la fécule diluée dans un peu d'eau.

Retirez la poêle du feu dès que la sauce s'épaissit. Ajoutez les cacahuètes, mélangez et servez sans attendre pour qu'elles restent croquantes.

Avec quoi d'autres :

Des noix de cajou à la place des cacahuètes, des crevettes à la place du poulet.

Notre touche personnelle :

N'ayant pas de cacahuètes, nous les avons remplacées par des oignons grelots introduits en même temps que l'ail et le gingembre. C'était très bon. L'alcool de riz a été remplacé pour les mêmes raisons par du vin blanc. Pour ceux qui préfèrent un plat moins relevé, 1 seul piment suffit largement.

Cette recette que nous vous proposons est extraite du livre

"La cuisine chinoise" de Gabrielle Keng - Editions Solar, collection "Cuisine des 7 familles".

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LE MAINTIEN DU CONTROLE

 DES NAISSANCES EN QUESTION

L’économiste chinois, Chen Bin, fait une analyse intéressante* des raisons qui poussent le gouvernement chinois à maintenir le système de contrôle des naissances en Chine. Ce ne sont pas forcément celles auxquelles on pense.

Depuis la mise en place en 1971 d’un planning familial qui incitait les familles à avoir moins d’enfants (à l’époque, le taux de natalité était de 5,7 enfants par femme), puis dès 1979 l’instauration autoritaire de la politique de l’enfant unique à coup de lois, le taux de natalité est tombé à 1,22 enfant par femme d’après le dernier recensement général effectué en 2000.

Cette politique a été particulièrement efficace mais à quel prix.

Pour faire appliquer la loi inscrite dans la constitution chinoise de 1982, les commissions de contrôle des naissances se sont autorisées à appliquer des mesures drastiques contre les couples ne respectant pas cette loi : majoration fiscale pour chaque enfant né hors quotas, perte d’emploi, stérilisations et avortements forcés, mais aussi incendies de maisons, exécutions, …

Dans le même temps, cette loi a eu des effets pervers. La pratique d’avortements sélectifs, une fois le sexe de l’enfant connu, a engendré un déséquilibre du rapport homme/femme. Il est actuellement de 120 hommes pour 100 femmes alors qu’ailleurs il est de 107 hommes pour 100 femmes. L’apparition de pratiques populaires comme l’infanticide des nouveau-nés de sexe féminin, de moins bon traitements réservés aux filles allant jusqu’à leur abandon. Dans les campagnes, de nombreuses familles pauvres n’ont pas déclaré leurs enfants dont ils ont pourtant besoin pour nourrir la famille, les enfants apportant une aide au travail. Ces « sans-papiers » n’ont aucun droit, à peine celui d’exister.

Avec le vieillissement de la population va se poser le problème de prise en charge des retraités. Sous la pression populaire et au vu des chiffres cette loi a été assouplie mais d’après Chen Bin, le gouvernement aurait dû depuis longtemps y mettre un terme.

Comme le fait remarquer l’économiste, toucher au système d’administration chargé du contrôle des naissances, c’est toucher au gagne-pain d’au moins plusieurs centaines de milliers de personnes qui, donc, soutiennent cette politique. Depuis 2000, le gouvernement s’appuie sur de nombreuses études qui revoient à la hausse le taux de fécondité - 1,8 enfant par femme - pour justifier le maintient du contrôle des naissances. C'est en faisant une estimation des enfants nés "hors quotas" que le gouvernement arrive à 1,8. Pour Chen Bin, cet écart est beaucoup trop important pour refléter la réalité. Ce chiffre de 1,8 serait donc un moyen qui permettrait de perpétuer le planning familial. 

*Article paru dans Nanfang Wang de Canton. Repris par Courrier International, n°953 du 5 au 11 février 2009.